Olivier ROCHEAU

Installation urbaine & domestique + Gravure

  Comme un pianiste fait ses gammes, comme un tennisman soigne son revers, Olivier ROCHEAU travaille son vocabulaire…

Son langage est cohérent. Il est formel et esthétique. Son langage est abstrait.  Pas seulement. Un langage enfoui en lui, qu’il met à jour patiemment, délicatement, comme un archéologue, ou à grands coups de pioche, tel un mineur de fond, cherchant la profondeur. La profondeur,  son filon. 

Ce langage artistique montre finalement ce que sa personnalité peut révéler. Un mélange de fantaisie et de rigueur. L’ascèse et la folie.  Entre extra et introversion. Il y a toujours ce rythme là chez lui.

Que nous disent ces formes ? Elles révèlent une architecture, une ossature, dans leur plus strict dénuement. Ce qui reste quand on a tout enlevé…

N’y a-t-il donc plus rien à voir ?

On pourrait imaginer l’œuvre fade, trop minimaliste, triste… Mais c’est au contraire un flamboiement de couleur, de matière, quelque chose de charnu, carné, incarné, une sorte de  «crème » qui donne à l’artiste cette envie de «tout croquer »...

Ce travail traduit avec simplicité (souvent dans une monochromie ou bichromie saisissante) une architecture, un élément signifiant d’Histoire  (médiévale, eighties (avec la série des Spaces Invaders). On peut voir dans cette démarche la volonté de « ressusciter» des  thèmes qui lui sont chers et familiers, dans l’essence même de la forme, en les esthétisant… L’artiste (nous) fait signe avec sens, à poser notre regard à 360 degrés. Passé, présent et modernité.

Jouant avec l’espace récipiendaire, dans des tailles devenue monumentales, la mise en scène, la mise en place, se révèle primordiale. Eléments d’expression avec l’extérieur, sorte de zone  tampon entre ce monde plastique et le monde courant (à sa perte ?), on y parle un drôle de dialecte artistique. Comprenne qui pourra : C’est beau, c’est grand, c’est fort.

Par la meurtrière on aperçoit créneau et fanion, le fou du roi et le chevalier errant… Par la meurtrière on aperçoit Olivier ROCHEAU. C’est une lecture amoureuse Moyen âge…colorée, acidulée, à croquer, en même temps qu’elle impose silence et contemplation. Les deux. Olivier ROCHEAU est dual. 

Boris Leroy-Durand.  "Olivier ROCHEAU travaille son vocabulaire."

Texte introductif à l'installation "Par la meurtrière...", Avril 2015.

  • Instagram
  • Facebook